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Le conte des 2 commerçants

Notre histoire commence dans une petite ruelle pavée d’un village provençale. Le chant des cigales, la chaleur enveloppante et les douces senteurs de lavande nous ôtent tout doute, c’est bien l’été et nous sommes bien dans le sud de la France. 

Dans cette jolie petite ruelle pavée qui descend gentiment vers la Brague, Arthur est l’heureux propriétaire d’une boutique de souvenirs sise au 11 rue de la Brague. Roger quant à lui tient une épicerie au 13 de la même rue.  

Malgré un fort attrait touristique pour le  village, les ruelles périphériques, dont la rue de la brague fait partie, peine à attirer le chaland.  Le bougre préfère rester dans le cœur de cette belle cité médiévale. 

Chaque matin Arthur arrive à sa boutique en sifflotant. Roger qui habite au dessus de son épicerie est déjà là. Il est assis sur les marches, les mains croisés et les coudes posés sur ses genoux pour l’aider à porter son buste qui par cette forte chaleur semble peser des tonnes.  

« C’est vraiment une mauvaise année !  » lance Roger à Arthur d’un air dépité. 

Mais il en faut plus à Arthur pour cesser de siffloter. Il est heureux d’aller travailler, d’ouvrir sa boutique. Il sort sa table, ses chaises et commencent à disposer les différents souvenirs.  Il adore ce qu’il fait. Il essaie de rendre cette table la plus jolie possible tous les jours en y ajoutant quelque chose de différent.

« Mais pourquoi tu te donnes tant de mal, mon petit ! Tu vois bien que personne ne t’achète rien » dit Roger avec son accent chantant.

« Mais je ne le fais pas pour l’argent, ça me fait plaisir de voir que ma boutique est belle. Et même si les gens n’achètent rien, le fait de savoir qu’ils la trouvent belle me remplit de joie » répond Arthur. 

« Et c’est avec la joie que tu vas remplir ton frigo ? Mais tu es fada ! » rétorque ironiquement Roger. 

Arthur ne prête pas oreille. Il s’atèle maintenant à balayer puis à arroser les belles plantes qu’il a disposé derrière la vitrine. 

La journée passe et aucun client n’entre dans la boutique.  A la tombée de la nuit, Arthur rentre tranquillement la table, les chaises et l’agencement extérieur qu’il avait fait. ​

« Tu vois je te l’avais bien dit que ça servait à rien » scande fièrement Roger. 

Les jours se succédèrent en se ressemblant. Parfois un client entrait dans la boutique d’Arthur, parfois dans celle de Roger. On ne peut pas dire que l’un avait plus de succès que l’autre et Roger s’en amusait goulûment ! 

Cela faisait trois années que le rituel était installé. Roger toujours assis devant son épicerie et Arthur cherchant encore et encore à magnifier ce qu’il avait. Toujours chantant et généreux avec les quelques clients qui entraient dans son magasin. 

Mais ce jour ci Roger ne vit pas Arthur. De nature à ne pas s’inquiéter rapidement, il pensa qu’Arthur avait eu un empêchement. Mais le lendemain toujours pas d’Arthur, ni le surlendemain. Malgré son orgueil de vieux dur du sud, il décida d’appeler Arthur. 

Le téléphone sonne. Une fois, deux fois, trois fois. Quelqu’un décroche. 

« Arthur mon petit qui’est-ce qui t’arrives, ça fait trois jours que je te vois pas à la boutique ! Je m’inquiète un peu. Bon je te rassure tu n’as loupé aucune vente mais quand même » 

« Bonjour Monsieur Roger, c’est Sandrine au téléphone » répond la femme d’Arthur. « J’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer! Vous ne reverrez plus Arthur dans sa boutique »

« Comment ça et pourquoi donc ?  » demande Roger d’un ton sec 

« Et bien le patron de L’Occitane qui passait régulièrement pour rendre visite à sa famille a remarqué la qualité de la décoration de la boutique d’Arthur et sa manière d’accueillir ses clients.  Il lui a proposé la direction de l’agencement et la formation du personnel de vente de toutes les boutiques L’Occitane et Arthur a accepté. Il est débordé mais je vous rassure il sifflote toujours »

« Notre attitude détermine notre altitude. « 

VOTRE ATTITUDE DÉTERMINE VOTRE ALTITUDE

à propos de Stéphane Cozzo

Thérapeute et neuroscientifique, c’est dès son plus jeune âge que Stéphane s’est mis en quête de plus de paix intérieure. Ayant été exposé à beaucoup de stress il était vital pour lui de trouver une solution à ses maux. Avec un esprit ouvert, il a parcouru le monde pour rencontrer toutes sortes de spiritualité avant de décider de poser ses bagages dans un monastère bouddhiste il y a quelques années. Les techniques qui lui ont été enseignées lui ont littéralement, dit-il, sauvé la vie.

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